Chapitre 7-3 – Alice
Baoman le héros se mit à lancer des insultes terribles, à l’égard d’Elilim l’archimage elfe et de ses compagnons, malgré le fait qu’il s’avérait paralysé, donc incapable de se défendre. Il traita le père de l’elfe d’ivrogne, qui aimait coucher avec les chiennes. Elilim se demandait comment réagir à l’injure, puis il se dit que Baoman ne valait pas la peine d’être puni.
Le héros ne réalisant pas qu’il se mettait en danger, continua son flot de grossièretés. Il s’attaqua verbalement à la réputation de la mère de l’elfe, il prétendit qu’elle était moins qu’une catin. En effet d’après le héros, les prostituées pouvaient avoir comme excuse la nécessité de survivre, mais la mère de l’archimage se donnait à des orques par amour de la luxure. Cette remarque rendit haineux Elilim, celui-ci subissait une envie furieuse d’envoyer une malédiction terrible et permanente sur le héros.
Mignon le berserker tenta de raisonner son ami l’elfe. Mais l’archimage demeurait inflexible, il menaça même le berserker de représailles, si celui-ci se mettait en travers de son chemin. Pour Elilim la famille c’était sacré, toute personne qui mettait en doute, la vertu des parents de l’archimage prenait un gros risque. En effet l’elfe pouvait pardonner les insultes personnelles, mais il voyait rouge quand quelqu’un disait du mal de ses parents. Elilim chérissait plus que tout le souvenir de ses géniteurs. Parfois ses parents l’avaient énervé, mais dans l’ensemble l’archimage ressentait un immense respect pour ses géniteurs.
Quand il arriva devant le héros, il se mit à réfléchir sur la punition la plus appropriée. Baoman ne voyait rien venir, et il enchaîna les remarques blessantes, notamment sur la virilité de l’archimage. L’elfe après dix secondes de réflexions pensa rendre encore plus laid Baoman, le faire passer d’hideux à monstrueux selon les critères esthétiques des humains. Mais il n’osa pas finalement concrétiser jusqu’au bout son envie de nuire. Il jugerait navrant de causer du tort à un adversaire qui se caractérisait par un côté pitoyable prononcé.
Baoman quant à lui se promit de se venger cruellement, car il avait un motif beaucoup plus légitime selon lui pour être sadique avec Elilim et compagnie que la perte du sac du Néant. L’elfe ne lui avait pas laissé l’occasion d’exercer sa nouvelle danse de présentation, consistant à gigoter au cours une quadrille endiablée avec les pieds, tout en se tirant les sourcils avec les mains. Devant un tel motif d’impolitesse, Baoman éprouvait une rancune extrême. Finalement Elilim lassé des insultes, décocha un upercut fulgurant à son ennemi au niveau du menton, ce qui l’assomma net.
Quelques heures plus tard, une adversaire tenace intercepta Elilim et ses camarades, qui se trouvaient toujours dans un désert de cendres grises.
Abomination : Comme on se retrouve, cette fois je vais vous tuer.
Mignon (ton combattif) : Nous allons voir cela, en garde, misérable. Outch.
Le courage de Mignon le berserker hobbit ne l’empêcha pas d’être dans un triste état en moins de deux secondes, à cause de l’entité appelée Abomination. En effet l’entité donna une légère claque en utilisant trois doigts, pour terrasser le berserker. La claque ne constituait pas un geste de dédain, mais un véritable honneur pour Mignon. L’Abomination se contentait d’habitude pour neutraliser ses ennemis, de pichenette où elle frappait avec un doigt. Le berserker était toujours vivant, mais à moins de soins dans les dix minutes, il risquait fort de mourir. Cependant il aurait sans doute la consolation de passer à la postérité. L’entité avait l’intention de chanter des louanges sur la résistance, les réflexes et le courage de Mignon, le premier opposant qui survécut à ses pichenettes, un berserker courageux qui mena un combat désespéré pour protéger ses amis, un hobbit qui l’aida à s’échauffer légèrement.
Mignon se sentait heureux, malgré son échec à protéger ses camarades. Il mourait en combattant, il allait pouvoir rejoindre ses proches décédés. Il sentait qu’il aurait droit à une gloire longue de plusieurs millénaires. Bien sûr il souhaitait que ses compagnons s’en tirent, mais le berserker ne s’en voulait pas, il fit le maximum pour protéger ses amis.
Elilim l’archimage elfe hésitait sur la conduite à tenir, il voulait protéger Gron le gobelin. Cependant il devait aussi soigner Mignon qui souffrait d’une blessure très grave. Alors l’elfe joua à pile ou face, malheureusement pour Gron, le résultat incita l’archimage à ne pas le secourir, à se concentrer sur les soins à délivrer d’urgence à Mignon. Ainsi Elilim ne pouvait pas combattre pendant au moins deux minutes, s’il arrêtait son sort de guérison, son interlocuteur blessé mourrait sans doute. Toutefois l’archimage laissa par la même occasion Gron sans aucun soutien.
Abomination : As-tu une dernière parole Gron ?
Gron (plein d’assurance) : Oui vous vous prétendez surpuissant, mais je ne suis pas convaincu.
Abomination : Que faut-il que je fasse pour te persuader d’accepter que je suis incroyable ?
Gron : Il faudrait que vous arriviez à nager dix minutes dans de la lave d’un volcan, là ce serait impressionnant.
Abomination (moqueuse) : Mais bien sûr, tu crois que je vais accepter de mourir pour tes beaux yeux.
Gron : Moi la lave ne me fait pas peur.
Abomination (très sure d’elle) : Si tu réussis à survivre au contact de la lave, je veux bien me suicider.
Gron : Il y a un volcan à dix minutes de marche d’ici, allons y.
Abomination : D’accord.
Gron honora son pari en marchant sur la lave solidifiée d’un volcan éteint. Il avait tenu ses engagements, il n’avait pas dit précisément qu’il devrait faire des pas sur de la lave liquide.
Plus personne n’entendit parler de l’Abomination, après sa rencontre avec Gron et ses compagnons. L’entité subissait un serment magique, chaque fois qu’elle n’honorait pas un engagement formel, elle subissait des douleurs effroyables pendant des semaines. Alors elle préféra le suicide à la torture, même si elle était dépitée par la ruse de Gron. D’ailleurs le gobelin inquiet par les dégâts sur son mécanisme d’oiseau commença à l’examiner. Il présenta un objet qui éveilla l’intérêt d’Elilim.
Quant à la reine Alice, elle apparut peu après après la victoire contre l’abomination. Elle hésitait à pénétrer dans le désert de cendres, mais elle était très impatiente de mettre la main sur le sac du Néant.
Alice (impatiente) : Ah vous voilà avec le sac du Néant, ce n’est pas trop tôt.
Elilim : J’ai une question votre majesté, que faites-vous ici ?
Alice : Je voulais vous espionner, euh voir si la mission se déroulait sans accroc. Vous m’avez bien faite attendre.
Elilim : Vous nous aviez donné une semaine pour accomplir la mission, or nous l’avons remplie en trois heures à peine.
Alice (pleine de mépris) : Oui mais j’ai attendu, pour la peine en plus d’être tous les trois décapités, puis pendus, vous serez noyés.
Elilim : Vous aviez pourtant été claire sur le fait que vous nous accordiez une grâce.
Alice : Je n’ai qu’une parole, vous ne serez pas ensevelis.
Alice frémissait de joie à l’idée des tourments qu’elle allait infliger à ses ennemis, elle se délecterait de leurs cris. Cependant elle eut un accès de bonté, sa partie gentille reprit un peu le contrôle pendant quelques secondes. Aussi elle se mit à prendre des mesures pour faciliter la fuite d’Elilim et de ses camarades. L’archimage sentait que les protections mystiques en matière de voyage dimensionnel s’étiolaient, alors au moyen d’un sort il prit l’initiative de se préparer à partir avec ses compagnons vers le monde de Banquisia.
Elilim : Qu’une porte entre les dimensions s’ouvre. Astra larnur lino.
La tendance méchante d’Alice ne voulait pas que ses victimes potentielles lui échappent, mais le côté gentil de la reine luttait pour apporter des possibilités de fuite à Mignon et ses deux compagnons. Et il était absolument nécessaire pour le trio de bénéficier de l’appui d’Alice pour que leur échappée soit un succès. Les trois comparses n’avaient pas du tout un niveau suffisant pour détaler vers un autre monde, sans un minimum de coopération de la part de la reine. Certes la souveraine les aidait pour le moment, mais elle redevenait rapidement une personne très méchante. Son accès de bonté promettait d’être un court répit.
Aussi Elilim s’échinait à déclamer à grande vitesse une formule magique de voyage entre les mondes. Il n’avait droit qu’à un seul essai, il ne pourrait pas passer par une deuxième tentative. Le contexte très tendu, allié au regard particulièrement atroce d’Alice qui le dévisageait d’une manière féroce, perturbaient sérieusement l’archimage, favorisaient la confusion chez lui. D’ailleurs Elilim faillit bégayer pendant une seconde, ce qui aurait signifié un échec monumental. Il fallait que l’incantation surnaturelle soit dite de manière fluide et impeccable.
De son côté la partie cruelle d’Alice reprit complètement le contrôle de son corps. Elle n’aurait besoin que d’une seconde pour réactiver les barrières dimensionnelles. Alors qu’il en restait bien trois secondes de récitation nécessaire à Elilim pour parfaire son rituel mystique pour s’échapper. Ainsi la situation de lui et de ses deux camarades semblait complètement scellée. Heureusement la mégalomanie de la reine et son désir de faire le maximum de mal produisirent chez elle des pensées parasites, un petit débat intérieur sur la façon de torturer.
Alice s’imagina avoir le temps de s’attarder sur l’élaboration de supplices, des moyens de briser le corps et l’esprit de ses ennemis. Ainsi Elilim put in extrémis voyager vers Banquisia.
Quant à Gron, il renonça à lier Alice et Rintam. Il réalisa que la reine pourrait exiger comme cadeau de mariage la mise à mort du serviteur gobelin.
